Titre

Public Nuisance

Avec un nom pareil, on sait un peu à quoi s’attendre ! Du garage sauvage.
Oui, mais ce n’est pas tout. La preuve en musique :

Darlin’ par Public Nuisance

En 1964, à Sacramento, Californie, David Houston, Ron McMaster, Pat Minter et Jim Mathews montent un groupe de surf instrumental nommé les Jaguars. En 1965, la British Invasion et le garage-rock ont raison du surf et des Jaguars qui se renomment Moss & the Rocks et se mettent au chant. En 1966 (c’est fou comme le temps passe vite dans cet article !) le groupe gagne une Battle of the Bands qui lui vaut d’enregistrer un single aux saveurs garage-folk (There She Goes / Please Come Back) chez Ikon (label actif entre 1964 et 1966, incontournable pour les fans de garage).

En 1967, le groupe change à nouveau de nom pour Public Nuisance et s’oriente vers un son plus psychédélique mais qui conserve de bons attributs garage comme la fuzz et des rythmes soutenus. Ils se rendent à San Francisco pour enregistrer des démos (aujourd’hui disparues dans les limbes) dans les studios du label Fantasy qui ne sortira aucun vinyl.

Le groupe rencontre néanmoins un petit succès local et ils ouvrent de nombreux concerts pour les grands noms du moment, les Doors, Buffalo Springfield, Sonny & Cher ou Grateful Dead.

En 1968, Eirik Wangberg, dit le Norvégien, qui a supervisé l’enregistrement de leur 45 tours en 1966 et qui croit toujours en eux, leur enregistre des maquettes dans son studio d’Hollywood. Ces démos plaisent à Terry Melcher, producteur des Byrds et ami de Roman Polanski qui leur dégote un contrat avec le label Equinox et les envoie en studio pour enregistrer un album en fin d’année.

Pas de chance, peu après, Terry Melcher, traumatisé par l’assassinat de Sharon Tate par la Manson Family (le meurtre s’est déroulé dans la maison que Terry a prêté au couple Polanski/Tate), lâche toutes ses activités et Public Nuisance avec…

Le groupe ne sortira donc aucun album de son vivant puisqu’ils se séparent peu de temps après au début de 1970. Mais les bandes qu’ils nous ont laissées et qui sont sorties sur CD en 2002 sont juste incroyables !
Je suis épaté par la modernité de la plupart de leurs titres. Pour moi, ça ressemble plus à du post-punk qu’à du sixties-punk. Ces gars avaient une bonne dizaine d’année d’avance sur leurs contemporains : les mélodies, les compositions, les arrangements et leur hargne n’auraient pas paru anachroniques au jeune keupon/mod de 1979 que j’étais !

Outre Darlin’ que vous venez d’écouter et d’apprécier comme il se doit (je n’en doute pas), il y a par exemple, le riff et le refrain imparable de Going Nowhere :

Going Nowhere par Public Nuisance

Ou la mélodie et la rythmique de Time Can’t Tell :

Time Can’t Tell

Alors je dis bravo Public Nuisance ! Et merci.

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