Titre

When You Find Out

Les Nerves

When You Find Out par les Nerves

Les Nerves ont une place particulière dans le paysage rock du milieu des années soixante-dix. Leur musique nerveuse et inspirée par la pop sixties font d’eux les initiateurs de ce qu’on appelle aujourd’hui la power-pop. Ils sont parmi les premiers à revendiquer clairement leur gout pour la British Invasion des sixties avec des morceaux courts et énergiques quand le reste du monde s’émerveille encore sur les longues envolées pompeuses et léthargiques du rock progressif. A ce titre, on peut aussi les rapprocher de la scène punk naissante. Ils feront d’ailleurs la première partie des Ramones pendant leur courte vie.

Formés en 1975 à San Francisco et rapidement émigrés à Los Angeles, les Nerves, c’est trois compositeurs multi-instrumentistes  (Jack Lee à la guitare, Paul Collins à la batterie et Peter Case à la basse). Ils se produisent sur scène en costard-cravate et servent au public des chansons énergiques et mélodiques comme ce When You Find Out qu’on pourrait croire sorti de la compilation Nuggets dont les gaillards devaient être friands.

En 1976, ils sortent leur seule et unique galette chez le label indépendant BOMP! Records, un EP 4 titres dont le plus long dure 2’03’’ et qui est aujourd’hui un collector de valeur.

Outre When You Find Out, ce disque contient la chanson Hanging On The Telephone dont Blondie fera un gros tube en 1978. Lors d’une tournée au Japon, Debbie Harry voit le chauffeur du bus qui ne parle pas un mot d’anglais se mettre à tapoter son volant en rythme lorsque ce morceau passe sur le radio-cassette. Elle flaire le tube international, demande l’autorisation à Jack Lee de reprendre son morceau et le titre sera numéro 5 au top 50 anglais, ouvrant la piste Européenne à la blonde et son orchestre.

Gimme Some Time reflète leurs origines géographiques avec des accents Byrds ou Buffalo Springfield prononcés, rickenbaker 12 cordes et mélodie pop.

Working Too Hard, à mon avis le morceau le plus faible du disque, sera réenregistré par Paul Collins avec son groupe suivant, The Beat (à ne pas confondre avec le groupe two-tones de ska anglais).

Paper Dolls et One Way Ticket, enregistrés à la même époque, jamais sortis du vivant du groupe mais disponibles sur des compilations ultérieures, flirtent sans complexe avec le meilleur du punk en gestation.

Mais malgré leurs qualités indéniables, le groupe se sépare en 1978.

Jack Lee disparaitra du circuit.

Peter Case et Paul Collins recruteront un guitariste pour former les Beakaways, groupe éphémère qui se sépare après quelques mois sans rien sortir.

Peter formera ensuite les Plimsouls qui continueront l’œuvre démarrée par les Nerves dans sa voie la plus punk/new wave comme le prouve l’album live de 1988 One Night In America.

Paul formera The Beat dont le premier album éponyme ravira les fans de power-pop. Renommés Paul Collins’ Beat à partir du deuxième album, ils tournent encore aujourd’hui, malgré une calvitie flagrante.

Quand je pense que ce ne sont ni les Beat ni les Plimsouls mais les Knacks qui profiteront de la brèche ouverte par les Nerves pour faire le jackpot (avec My Sharona), j’ai presque la larme à l’œil et la nausée au bord des lèvres ! Car même si ce morceau est écoutable, on est quand même assez loin de la classe de When You Find Out.

Paper Dolls

Hanging On The Telephone

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