Bien qu’ayant eu le succès que l’on sait en jouant l’anti-Johnny de bon aloi, Antoine, lorsqu’il était accompagné par Les Problèmes (qui ne sont autres que les futurs Charlots, grands pourvoyeurs de nanards à la France profonde des 70’s), produisait une musique franchement garage à la hauteur de tous ses contemporains anglo-saxons.
L’album Antoine rencontre les Problèmes mérite d’être écouté dans sa totalité mais Je Ne Vois Rien est bien représentatif de sa veine la plus garage.
Un bon riff de fuzz bien sale, une petite guitare solo débridée très British Blues Boom, quelques ruptures de rythme bien senties, une basse ronde et pleine de notes, le tout ajouté à des paroles contestataires lancées d’une voix nasillarde font de ce titre un archétype du garage à la française.
Malheureusement, Antoine, après une longue période de voile en solitaire, nous reviendra le cheveu gras, la barbe hirsute, la chemise hawaïenne laide et il finira masquotte publicitaire pour un lunettier. Dernier pied de nez à Johnny Haliday, son ennemi des 60’s ou plus simplement besoin d’argent ?
